Cyrano

« Le panache n’est pas la grandeur mais quelque chose qui s’ajoute à la grandeur, et qui bouge au-dessus d’elle. C’est quelque chose de voltigeant, d’excessif — et d’un peu frisé.

Le panache c’est l’esprit de bravoure : plaisanter en face du danger c’est la suprême politesse, un délicat refus de se prendre au tragique ; le panache est alors la pudeur de l’héroïsme, comme un sourire par lequel on s’excuse d’être sublime. »

Edmond Rostand, extrait de son discours d’entrée à l’Académie française.

Chef-d’œuvre incontesté de la littérature dramatique, « Cyrano de Bergerac » demeure la pièce française la plus jouée de par le monde. Rêve de tout metteur en scène, elle demeure souvent inaccessible du fait de l’envergure de sa distribution, ses décors et la figuration nécessaire.

Dès sa création en 1897, l’engouement populaire surprend son jeune auteur lui-même, décoré illico de la Légion d’Honneur. Elle rassemble dans une rarissime unanimité les critiques les plus hautains et les différentes classes sociales dont sont issus ses spectateurs.

C’est qu’il y a « tout » dans cette pièce : belle histoire d’amour, idéalisme et irrévérence, grands sentiments, humour… réunis dans une écriture qui emprunte autant à la Comedia dell’arte qu’aux alexandrins épiques d’un Victor Hugo.

Dans cet état d’esprit d’éducation populaire qui guide mes pas au sein du collectif de la Carrière de Fégréac, il m’a semblé plus qu’opportun de partager l’exceptionnel élan narratif d’ Edmond Rostand, qui transporte en images, en émotions et en verbe les joies du théâtre lui-même.

Monique Hervouët

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